La gestation d’une chienne Spitz nain dure en moyenne 63 jours à compter de l’ovulation, soit une mise bas qui survient le plus souvent entre le 58e et le 68e jour après la saillie. Elle se confirme par échographie à partir du 25e jour environ, et une radiographie vers le 45e jour permet de compter les chiots. Sur une race de ce gabarit, la portée est petite, souvent de un à quatre chiots, et le risque de mise bas difficile justifie un suivi vétérinaire du début à la fin.
Le calendrier ci-dessous détaille ce qui se passe chaque semaine, ce que l’éleveur doit faire, et les signes qui imposent d’appeler le vétérinaire. Il complète notre guide général sur la reproduction du Spitz, de la saillie à la portée, qui traite du choix des reproducteurs et des tests de santé préalables.
Pourquoi parle-t-on de 58 à 68 jours, et pas de 63 jours exactement ?
La durée de gestation est remarquablement stable chez la chienne quand on la compte à partir de l’ovulation : environ 63 jours. Ce qui varie, c’est l’écart entre la saillie et la fécondation. Les spermatozoïdes peuvent survivre plusieurs jours dans les voies génitales de la femelle, et les ovules ont besoin d’un temps de maturation après l’ovulation. Une saillie réalisée un peu tôt donnera donc une mise bas qui paraît « tardive » si l’on compte depuis la saillie.
C’est pourquoi de nombreux éleveurs font suivre les chaleurs par un dosage de la progestérone sanguine chez le vétérinaire. Ce dosage situe l’ovulation à un ou deux jours près, ce qui améliore les chances de réussite de la saillie et donne une date de terme beaucoup plus fiable. Sur une petite race où une césarienne programmée peut s’imposer, cette précision compte.
Le calendrier de la gestation, semaine par semaine
| Période | Ce qui se passe | Ce que fait l’éleveur |
|---|---|---|
| Semaines 1 et 2 | Fécondation, les embryons migrent vers l’utérus | Vie normale, ration habituelle, pas de traitement sans avis vétérinaire |
| Semaine 3 | Implantation des embryons dans l’utérus | Éviter les efforts violents et les situations de stress |
| Semaine 4 | Les vésicules embryonnaires deviennent visibles | Échographie de confirmation à partir du 25e jour environ |
| Semaine 5 | Le ventre commence à s’arrondir, l’appétit augmente | Début de la transition vers un aliment croissance ou « gestation-lactation » |
| Semaine 6 | Croissance rapide des fœtus, mamelles qui se développent | Augmentation progressive de la ration, repas fractionnés |
| Semaine 7 | Le squelette des chiots se minéralise | Radiographie vers le 45e jour pour compter les chiots ; installation de la caisse de mise bas |
| Semaine 8 | La chienne cherche un nid, devient plus calme ou plus agitée | Prise de température rectale matin et soir, vétérinaire de garde prévenu |
| Semaine 9 | Terme : mise bas entre le 58e et le 68e jour après la saillie | Surveillance continue dès la chute de température |
Les deux premiers tiers de la gestation passent presque inaperçus. La chienne peut sembler un peu plus calme, parfois avoir moins d’appétit vers la troisième semaine, mais aucun signe extérieur ne permet de conclure. Seule l’échographie confirme la gestation : la prise de poids et le gonflement des mamelles se voient aussi lors d’une pseudo-gestation, fréquente après les chaleurs.

Comment adapter l’alimentation de la chienne gestante ?
Pendant les quatre premières semaines, les besoins de la chienne changent peu. Augmenter la ration trop tôt ne fait que l’engraisser, et une chienne trop grasse a davantage de risques de mise bas difficile.
À partir de la cinquième semaine, les besoins augmentent nettement. On passe progressivement, sur une semaine, à un aliment croissance pour petite race ou à un aliment spécifique gestation-lactation, plus riche en énergie et en protéines. À la fin de la gestation, l’utérus comprime l’estomac : la chienne mange mieux en trois ou quatre petits repas qu’en deux gros. Comme pour un chiot, on ne complète jamais en calcium un aliment complet pendant la gestation, sauf prescription : un excès peut au contraire favoriser l’éclampsie après la mise bas.
La chienne pèse généralement entre 15 et 25 % de plus à terme qu’avant la saillie, selon la taille de la portée. Une pesée hebdomadaire permet de repérer une prise trop rapide ou, à l’inverse, une stagnation qui doit faire vérifier que la gestation se poursuit normalement.
Pourquoi la mise bas est-elle plus délicate chez le Spitz nain ?
Les races naines cumulent plusieurs facteurs de risque. La filière pelvienne de la mère est étroite, et les portées de un ou deux chiots donnent souvent des chiots proportionnellement plus gros, qui passent plus difficilement. Une portée unique peut aussi ne pas produire assez de signal hormonal pour déclencher le travail à temps. Le taux de césarienne est donc plus élevé chez le Spitz nain que chez les races de taille moyenne.
C’est la principale raison pour laquelle la radiographie de la septième semaine est si utile : connaître le nombre de chiots et leur taille permet au vétérinaire de décider à l’avance si une césarienne programmée est préférable, et à l’éleveur de savoir quand la mise bas est réellement terminée. C’est aussi pourquoi un éleveur de Spitz sérieux organise toujours la mise bas avec un vétérinaire joignable de jour comme de nuit.
Comment reconnaître l’approche de la mise bas ?
Le signe le plus fiable est la chute de la température rectale. Chez la chienne, elle se situe habituellement autour de 38 à 39 °C ; elle descend sous 37 °C environ, souvent entre 12 et 24 heures avant la mise bas. C’est pour cela qu’on prend la température matin et soir à partir du 58e jour.
D’autres signes l’accompagnent : la chienne gratte sa couche pour faire un nid, refuse son repas, halète, tremble ou cherche la compagnie de son maître. Puis viennent les contractions visibles et la perte des eaux.
La caisse de mise bas doit être installée une semaine avant le terme, dans une pièce calme et chauffée, pour que la chienne s’y habitue. Le matériel se prépare à l’avance : serviettes propres, balance au gramme, fil et ciseaux désinfectés, thermomètre, source de chaleur pour les chiots (tapis ou lampe chauffante), numéro du vétérinaire de garde affiché.
Quand faut-il appeler le vétérinaire sans attendre ?
Certaines situations ne se discutent pas et justifient un appel immédiat :
- des contractions fortes et répétées pendant plus de 30 minutes environ sans qu’un chiot ne sorte ;
- plus de deux heures entre deux chiots alors que d’autres sont attendus à la radiographie ;
- un écoulement vert ou noirâtre avant la naissance du premier chiot ;
- une chienne abattue, qui saigne abondamment ou dont la température remonte au-delà de la normale ;
- un terme dépassé au-delà du 68e jour après la saillie sans aucun signe de travail.
Après la mise bas, les premières semaines restent une période de vigilance. Les chiots Spitz nains naissent minuscules, entre 80 et 150 grammes environ, et doivent prendre du poids chaque jour. La mère, elle, peut faire une éclampsie, une chute brutale du calcium sanguin qui se manifeste par une agitation, des tremblements puis des convulsions : c’est une urgence vétérinaire. La suite, du sevrage au départ des chiots, est décrite dans notre article sur la socialisation du chiot Spitz durant ses premières semaines.
Questions fréquentes
Une chienne Spitz nain peut-elle mettre bas seule ? Beaucoup de mises bas se déroulent sans intervention, mais le risque de complication est plus élevé que chez les races moyennes. Une présence humaine continue et un vétérinaire prévenu à l’avance sont indispensables, quitte à ne pas avoir à intervenir.
Combien de chiots une Spitz nain peut-elle avoir ? La portée compte le plus souvent de un à quatre chiots. Les très grandes portées sont rares sur ce gabarit. Seule la radiographie vers le 45e jour donne un compte fiable.
Peut-on savoir si la chienne est pleine sans échographie ? Pas de façon sûre. Une pseudo-gestation peut produire les mêmes signes : prise de poids, mamelles gonflées, comportement de nid. L’échographie à partir du 25e jour reste l’examen de référence.
Repères : gestation chez le Spitz nain
- Durée : environ 63 jours après l’ovulation, de 58 à 68 jours après la saillie.
- Confirmation : échographie à partir du 25e jour environ.
- Comptage des chiots : radiographie vers le 45e jour.
- Alimentation : ration inchangée jusqu’à la 5e semaine, puis aliment plus riche en repas fractionnés.
- Signe d’imminence : température rectale sous 37 °C environ, 12 à 24 heures avant la mise bas.
- Portée habituelle : de un à quatre chiots.
- Risque propre à la race : mise bas difficile et césarienne plus fréquentes que chez les races moyennes.